Thanksgiving & Gratitude
- Lejardindesorigines
- 19 nov.
- 3 min de lecture

“Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car sa miséricorde dure à toujours.” Psaume 136:1
La saison avance doucement, les jours raccourcissent, les couleurs s’adoucissent, et quelque chose en nous appelle au calme, au foyer, à ces moments simples où la gratitude reprend sa place naturelle. À cette période de l’année, une fête célébrée de l’autre côté de l’Atlantique, revient toujours frapper à la porte de mes pensées : Thanksgiving.
Même si elle n’appartient pas à notre culture, sa signification résonne en moi. Peut-être parce qu’elle parle une langue que tous les cœurs comprennent : celle du merci.
Cette fête est née il y a des siècles, en 1621, lorsqu’un petit groupe de colons anglais, fragilisés par l’hiver et les privations, ont partagé un repas de reconnaissance après leur première récolte. Ils n’auraient pas survécu sans l’aide des autochtones Wampanoag. Autour d’une table simple, ils ont célébré ce qui leur avait été donné : une moisson, une paix fragile, la coopération entre deux peuples, une année de vie en plus. Rien d’extraordinaire, et pourtant, tout y était.
Ce repas modeste est devenu un symbole. Abraham Lincoln en a fait une fête nationale en pleine guerre civile, pour rassembler un pays déchiré. C’était une invitation à se souvenir que même au cœur des tempêtes, il existe encore des raisons de se réunir pour rendre grâce.
Car Thanksgiving parle de cela, avant tout : la gratitude. Le retour au cœur.Dire merci pour ce qui est là, pour ce qui demeure, pour ce qui est donné, même au milieu des épreuves et du chaos du monde.
Cette tradition peut paraître simple, chacun partage ce pour quoi il est reconnaissant cette année, mais il ouvre quelque chose de profond. Car, au-delà d’une émotion, la gratitude est une manière de percevoir la vie. Elle éclaire, elle apaise, elle rassemble. Elle ramène notre regard vers ce qui est vivant, réel, solide.
Et peut-être est-ce pour cela que Thanksgiving attire aujourd’hui bien au-delà des États-Unis. Dans un monde pressé, fragmenté, saturé d’images et d’injonctions, un repas sans faste, sans obligation commerciale, sans agitation, devient presque un refuge. Une table, quelques plats simples, une famille réunie, et un merci partagé. Rien d’autre n’est nécessaire.
La gratitude a cette force : elle redonne souffle et clarté. Dans la tradition chrétienne, elle est même au centre de tout : la communion fraternelle est une action de grâce, les Psaumes n’en finissent pas de remercier, et Jésus rend grâce avant chaque repas partagé. C’est une attitude humble, essentielle, fondatrice.
Peut-être que cette fête nous rappelle quelque chose que nous avons, nous aussi, parfois laissé filer : l’importance de s’arrêter, d’ouvrir les mains, d’accueillir ce qui est bon. De reconnaître ce que Dieu a déposé dans nos vies, même lorsque cela semble petit. De choisir l’unité plutôt que la division, la table plutôt que les débats, la simplicité plutôt que la course.
Thanksgiving nous rappelle que la joie ne vient pas de ce que nous possédons, mais de ce que nous recevons avec gratitude.
Rien ne nous empêche d’en reprendre l’esprit et d’instaurer nous aussi, en famille, un petit moment d’action de grâce autour d’un repas chaleureux, humble et profondément humain. Pas pour copier une tradition étrangère, mais pour redonner du souffle à la nôtre.
Ce serait peut-être un premier pas pour revenir à l’essentiel : un foyer paisible, une table partagée, et un cœur tourné vers Dieu.
“Rendez grâce en toutes choses.”1 Thessaloniciens 5:18





