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Le jardin dans la Bible


Depuis les origines de la création du monde jusqu’à l’aube de Pâques, la Bible place l’homme dans un jardin où Dieu vient le rencontrer. Le jardin est donc essentiel dans la Bible pour évoquer la relation de l’homme à Dieu, pour parler de cette alliance qu’il tisse avec l’humanité afin de la conduire vers la vie parfaite, la vie qu’il donne en abondance.


1. Le jardin des origines : la vie en abondance

Au commencement, Dieu plante un jardin en Éden et y place l’homme (Gn 2:8). Avant même de lui confier la Terre, Dieu prépare pour lui un lieu où il puisse vivre, aimer et grandir. Le jardin est un lieu de vie harmonieuse – l’homme est d’abord en paix avec Dieu, avec les animaux et les plantes – où la vie se donne à profusion :

« L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. » (Gn 2:9)

D’une certaine manière, Dieu est donc le premier jardinier, celui qui conçoit et plante le jardin, y fait pousser toutes sortes de plantes. Et l’homme, créé à son image, reçoit ensuite pour mission de « cultiver et garder » ce jardin (Gn 2:15). Sa mission est très claire : veiller sur la vie, en prendre soin, collaborer à l’œuvre du Créateur.

Dans ce lieu d’harmonie, Dieu se promène « à la brise du jour » (Gn 3:8) pour venir à la rencontre de l’homme. Car l’homme est censé vivre paisiblement dans ce jardin, en relation avec son Créateur et avec la création tout entière. Le jardin d’Éden n’est pas seulement un joli décor, mais un symbole de la communion originelle et de la mission de l’homme. L’homme a été créé pour vivre en union avec Dieu, ainsi que pour prendre soin et faire grandir son œuvre.

La porte du jardin qui se referme (Gn 3:24) après la désobéissance d’Adam et Ève consacre définitivement le jardin d’Éden comme un symbole d’une vie parfaite désormais inaccessible. Le jardin est donc source de rêves.


2. Le jardin, lieu de l’alliance

Toute la Bible garde cette image idyllique de l’Éden. Et le jardin devient alors signe de la bénédiction divine, de l’abondance, de la prospérité, de l’alliance avec Dieu. Les prophètes comparent l’homme juste béni par Dieu à un jardin : « Tu seras comme un jardin arrosé, comme une source dont les eaux ne tarissent pas. » (Es 58:11). Le jardin luxuriant devient image de la joie promise par Dieu à son peuple après la souffrance de la déportation à Babylone : « Leur âme sera comme un jardin arrosé, et ils ne seront plus dans la souffrance. » (Jr 31:12) Dans ces jardins bibliques, tout évoque la paix retrouvée, la prospérité, la vie avec Dieu : le jardin devient signe de sa fidélité et de sa présence. La promesse de la création nouvelle est associée au thème du jardin.

Dans le Cantique, cette alliance divine avec son peuple est dépeinte sous les traits de la rencontre amoureuse. Le bien-aimé accueille sa bien-aimée dans son jardin :

« Mon bien-aimé est descendu à son jardin au parterre d’aromates, pour faire paître son troupeau dans les jardins, et pour cueillir des lis. Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi ; il fait paître son troupeau parmi les lis. » (Ct 6:2-3)

Il compare même sa fiancée à un jardin fermé (Ct 4:12), image de l’intimité, de l’alliance exclusive, de la fécondité partagée. La Bible, sous la plume des prophètes, comme Osée, évoque aussi l’alliance divine avec son peuple comme une relation amoureuse. Si Osée place cette relation au désert (Os 2), le Cantique la situe dans un jardin, parce que le jardin suscite l’amour.


3. L’ambivalence du jardin

Mais tout n’est pas merveilleux dans les jardins de la Bible. Parfois – d’autant plus qu’ils sont souvent clos – ils offrent une cachette à l’homme pour commettre le mal, à l’abri des regards, que ce soit celui de Dieu ou des autres hommes. Bien sûr, c’est le cas dès les origines. Adam et Ève pèchent par leur désobéissance à Dieu, par la rupture de confiance, puis se sentent nus et se cachent de Dieu (Gn 2:7-8). Le lieu de l’harmonie et de la rencontre devient le lieu de la peur, de la fuite, de la méfiance, un lieu où on se cache pour commettre le mal. L’ombre a gagné le jardin.

Et l’histoire de Suzanne, dans le livre de Daniel (chap. 13), illustre parfaitement cela. Suzanne est une femme intègre et fidèle au Seigneur, mariée à un homme riche de Babylone. Deux anciens du peuple qui fréquentent la maison de son mari se mettent à la convoiter quand elle se promène dans son jardin et décident d’abuser d’elle un jour où elle y prend un bain. Mis en fuite par les cris de Suzanne, ils portent un faux témoignage contre elle, l’accusant d’avoir couché avec un jeune homme caché dans les buissons. Mais Daniel les confond et ce sont finalement eux qui sont condamnés. L’intégrité de Suzanne triomphe du mal.

Et en effet, le jardin, où le mal se cache parfois, est aussi le lieu où grandit le Royaume de Dieu. Jésus compare cette croissance à celle d’une graine de moutarde qui pousse dans le jardin, qui dépasse toutes les plantes et qui abrite les oiseaux (Lc 13:19). Dans le jardin du monde, le Royaume de Dieu est déjà là (Lc 17:21), et grandit quand des hommes font alliance avec Dieu. Cette croissance suppose la prière, et c’est d’ailleurs dans le jardin des oliviers que Jésus vient souvent prier (Lc 21:37), parfois avec ses disciples. C’est là qu’il vivra son dernier combat de la prière, lors de son dernier soir, choisissant de faire jusqu’au bout la volonté de Dieu son Père pour sauver les hommes. Là, au milieu des arbres et de la nuit, il confie sa peur et son consentement au Père : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (Mc 14:36) Le Royaume de Dieu prend racine dans la prière et la confiance. Il y a du combat, mais le jardin abrite le bien qui grandit discrètement.


4. Le jardin de la création nouvelle

Après la Passion, tout recommence encore une fois dans un jardin. L’évangile de Jean précise que Jésus fut enseveli dans un tombeau « situé dans un jardin » (Jn 19:41).Et au matin de Pâques, Marie-Madeleine, en pleurs, prend Jésus ressuscité pour un jardinier.Ce détail est bouleversant : le Christ est bien le nouveau jardinier, celui qui relève l’humanité et fait refleurir la vie. Il instaure une création nouvelle où l’homme est à nouveau habité par la vie divine, grâce à l’Esprit Saint qu’il communique.

Tout s’accomplit alors. Le jardin de la Résurrection est ainsi le nouvel Éden : la création y est renouvelée, la communion est retrouvée, et l’alliance est accomplie puisque Jésus réconcilie les hommes et Dieu et apporte la paix entre les hommes. D’ailleurs, sur la croix, Jésus devient l’Époux de l’humanité (Ep 5:25-27), comme le préfigurait le Cantique. Dans le jardin, Dieu s’unit à nouveau à son peuple pour une vie qui ne finira pas.

Mais cette réalité devient une réalité surtout intérieure. C’est dans le jardin intérieur que Dieu vient rencontrer l’homme, que germe la Parole, que le Royaume prend racine, que l’Esprit Saint apporte l’eau de la vie divine. Jérémie l’avait annoncé : « Leur âme sera comme un jardin arrosé » (Jr 31:12). Cultiver ce jardin intérieur, c’est accueillir la présence de Dieu dans le quotidien, dans les gestes simples et les saisons de la vie. C’est se nourrir de sa Parole qui grandit et qui porte du fruit, c’est chercher à faire sa volonté et suivre ses commandements. Le jardin, c’est l’âme unie à Jésus.


La grâce de pouvoir jardiner

Tout commence donc pour l’homme dans un jardin, tout s’accomplit dans un jardin, comme en témoigne la Bible. C’est là que l’homme rencontre Dieu et avance vers la vie parfaite, la vie en abondance (Jn 10:10). Alors il nous faut apprendre à cultiver patiemment notre jardin intérieur, un jardin qui respire la vie, pour que Dieu vienne s’y promener et nous communiquer son amour.

Tout jardinier a la chance d’apprendre cela au contact de la nature, qui ne cesse de lui parler de Dieu et de ses bienfaits.

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